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Le blog emploi de l'ESTACA

Dossier : Futurs ingénieurs, quels sont les secteurs les plus porteurs pour vous ?

1 Juin 2013, 13:26pm

Publié par Patricia VAUX

Pas de raison pour les jeunes ingénieurs de broyer du noir face à la crise. Non seulement certains secteurs, l'informatique et l'aéronautique en tête, continuent tout de même de recruter, mais partout les métiers évoluent et de nouveaux besoins émergent au fil des départs à la retraite et des progrès technologiques. Revue de détail des tendances 2013.

Ingénieur : un diplôme qui ouvre des portes

Si le marché de l’emploi est d’une manière générale plus favorable aux diplômés qu’aux jeunes qui sortent sans diplôme, les ingénieurs font partie des mieux lotis en la matière. Au sein de la promotion 2011, 76 % étaient en CDI (contrat à durée indéterminée) huit mois après le diplôme, selon la dernière enquête de l’Apec, contre 57 % en moyenne pour les diplômés de niveau bac+4.

En outre, près de 9 jeunes ingénieurs sur 10 ont un statut cadre. Surtout, ils sont perçus par les recruteurs comme “un profil qui s’adapte et qui rassure, constate Pierre Lamblin, directeur du département Études et recherche de l’Apec. Alors que les recrutements de cadres tendent à diminuer en 2013, les jeunes ingénieurs seront vraisemblablement plus épargnés.”

Néanmoins, les offres d'emploi sont plus nombreuses pour certaines spécialités que pour d'autres. Ainsi, certains secteurs industriels souffriront davantage qu’en 2012, à commencer par l’automobile, la pharmacie et la chimie. À l’inverse, d’autres comme l’aéronautique, le ferroviaire, la mécanique ou encore les équipements électriques, resteront porteurs en 2013.

Côté services, l’informatique et l’ingénierie R&D continuent d’attirer et de recruter nombre de jeunes diplômés. Mais les recrutements dans les services techniques se développent aussi, qu’il s’agisse des achats, de la sécurité et de la maintenance, mais aussi de la logistique et de la qualité. Des fonctions qui “confortent leur dimension stratégique, dans la mesure où elles permettent d’optimiser les coûts, analyse Pierre Lamblin. Un coût de production, détaille-t-il, repose certes sur un coût de main-d’œuvre, mais aussi ce sont aussi des matières premières et des achats qu’il faut gérer au plus juste tout en garantissant la qualité et en assurant la sécurité. Dans un contexte conjoncturel compliqué, voire incertain, ce sont là des fonctions vitales.”

D’après une enquête 2011 de l’Apec, le salaire médian annuel des jeunes diplômés ingénieurs atteignait en effet 34.800 € brut pour ceux qui avaient suivi une formation en alternance, contre 31.900 € pour les autres. Une formule payante sur laquelle vous pouvez miser.

Des secteurs plus ou moins rémunérateurs

Au-delà de l'activité plus ou moins grande des différents secteurs d'activité dans lesquels s'insèrent les jeunes ingénieurs, les rémunérations, elles aussi, varient. D'après la dernière enquête de l'Apec, le salaire médian des jeunes diplômés d'écoles d'ingénieurs s'élève à 32.500 € dans les spécialités industrielles, 34.400 € pour les ingénieurs “généralistes” mais “seulement” 29.000 € en chimie, sciences de la vie, agronomie, agroalimentaire. En revanche, ils gagnent 33.800 € dans l'électronique, l'électricité, l'informatique et les télécoms.


Si ce critère ne constitue en général pas un argument essentiel dans le choix de son métier, il peut être utile de garder ces écarts à l'esprit quand vous cherchez un emploi.

Transports : l’automobile en berne, l’aéronautique et le ferroviaire en développement

Chômage partiel, licenciements et mesures d’économies : la conjoncture est mauvaise dans le secteur automobile, largement touché par la crise économique, même si les ingénieurs ont pu être un peu plus épargnés que d’autres fonctions. 2013 devrait être une année aussi difficile que 2012.

Apparaissant de plus en plus comme une alternative à la route, le ferroviaire devrait en revanche continuer à progresser. Le secteur bénéficie d’un fort soutien politique, en France comme en Europe, en raison notamment des engagements pris par les États en matière de réduction des gaz à effet de serre. De grands projets sont programmés pour les 20 à 25 ans à venir : nouvelles lignes de TGV, projet de liaison ferroviaire transalpine entre Lyon et Turin, modernisation des transports en commun…

Secteur en plein développement, l’aéronautique poursuit la reprise entamée en 2010. Après avoir recruté 10.000 personnes sur les deux années 2011 et 2012, Airbus indique que 3.000 postes supplémentaires sont à pourvoir en 2013. 40 % d’entre eux sont destinés à de jeunes diplômés ayant moins de 3 ans d’expérience, soit 1.600 postes, les ingénieurs formant le plus gros des troupes.

De son côté, le groupe d'aéronautique, de défense et de sécurité Safran prévoit d’embaucher 7.000 personnes en 2013, dont 2.500 jeunes ingénieurs (et plus de 1.000 en France).

Les recrutements sont liés à la croissance de l’activité, couplée à de nombreux départs à la retraite dans les entreprises du groupe. Côté métiers, si, comme le souligne Jean-Luc Bérard, DRH (directeur des ressources humaines) de Safran, “les recrutements couvrent la totalité du spectre d’ingénieur”, Safran souhaite mettre l’accent sur l’innovation. La priorité est donc donnée à la R&D dans les recrutements.

“Le transport aérien devrait encore croître, mais à condition de résoudre l’équation du pétrole cher”, explique Pierre Fabre, directeur de Snecma, société de Safran spécialisée dans la fabrication de moteur pour l’industrie aéronautique et spatiale. “Il faut que nous concevions des moteurs qui consomment en moyenne 1 % de moins par an, d’où un nécessaire investissement dans la technologie.”

Parmi les profils de jeunes ingénieurs qu’il recherche, Safran cible plus particulièrement les spécialités développement et architecture logiciel, matériaux et procédés, développement mécanique ainsi que l’électronique. Au total, 12 % du chiffre d’affaires de l’entreprise sont consacrés à la R&D.

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