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Le blog emploi de l'ESTACA

VISION DES GRANDES ECOLES

25 Novembre 2009, 17:30pm

Publié par Patricia VAUX


Avant d’entrer au conseil d’administration de la CGE, quelle vision aviez-vous des grandes écoles, notamment celles qui ne sont pas des écoles d’ingénieurs ?


Les grandes écoles sont une particularité française. Qu’elles soient scientifiques ou de management, elles contribuent à former les cadres dirigeants des entreprises. Le diplôme d’une grande école est une clé d’entrée dans l’entreprise à une position privilégiée. La formation compte pour beaucoup dans un premier temps mais s’efface peu à peu devant les compétences acquises et ce sont ces dernières qui en définitive vont guider les évolutions de carrière. La force des diplômés des grandes écoles, qu’ils soient issus d’une filière scientifique ou bien managériale, est qu’ils disposent d’un portefeuille de compétences plus conséquent, qu’ils vont développer en fonction de leur personnalité. Les étudiants des grandes écoles, scientifiques ou managériales, apprennent très tôt à communiquer, à travailler en réseau et en équipe. Ils ont la culture projet. Ils sont capables de par leur formation d’apprendre n’importe quand sur n’importe quel sujet. C’est ce qui fait leur force et la bonne réputation des formations dispensées en grande école.

 

Quelles évolutions souhaitez-vous dans la formation des ingénieurs de demain ?


Du fait de l’évolution des technologies, il faut savoir qu’un quart des métiers de demain dans les domaines de l’ingénierie auront changé ou ne sont pas encore connus. A l’avenir, un ingénieur devra être capable de s’adapter en permanence et d’innover. Sa formation s’effectuera en continu. Au cours de sa carrière, il devra nécessairement changer de spécialité, qui aura peut-être disparu, du fait de l’évolution rapide des technologies. A ces évolutions s’ajoutent également davantage de contraintes réglementaires. Celles-ci exigeront des ingénieurs qu’ils fassent preuve d’un grand sens de l’innovation pour trouver des nouveaux produits qui répondent à celles-ci tout en satisfaisant les besoins des clients.

Le grand changement viendra surtout de l’impact du développement durable dans les métiers scientifiques. Je pense notamment à la question de la destruction des produits, du recyclage des déchets, de la récupération des matériaux et aux économies d’énergie. Des métiers nouveaux, directement liés au développement durable, verront le jour. Cela dit, tous les métiers devront tôt ou tard intégrer la composante développement durable. Il existe aujourd’hui une véritable demande des jeunes en faveur de ce thème. Nous devons répondre au plus tôt à leur attente en disposant d’un socle commun de connaissances sur ce sujet dès le secondaire puis le supérieur. Le développement durable doit devenir un réflexe, un comportement naturel et instinctif. Enfin l’ingénieur sera au carrefour des métiers techniques et des structures administratives et commerciales, il devra être formé à faire face à cette complexité afin de la maitriser.

 

Selon vous, comment remédier aujourd’hui à la désaffection des étudiantes pour les filières scientifiques ?


Il faut arriver à susciter l’envie car il y a là un véritable paradoxe : il y a plus de bachelières dans la filière S que de bacheliers et au final, peu d’entre elles choisissent la voie scientifique dans leurs études supérieures. Le CNISF, avec l’aide notamment de l’Association des Femmes Ingénieurs, se déplace dans les collèges et les lycées pour promouvoir les métiers scientifiques. Par leur témoignage, nous voulons dire aux jeunes filles que les métiers scientifiques sont enrichissants, qu’ils ne sont pas incompatibles avec une vie familiale et personnelle équilibrée et qu’ils permettent d’accéder à des responsabilités. Certes, il nous faudrait en France davantage de femmes porte-drapeau comme Anne Lauvergeon ou Isabelle Kocher pour lever les réticences et démontrer que les femmes peuvent réussir aussi bien que les hommes dans cette filière.

 

Quelles sont les interactions que vous souhaitez voir se réaliser entre le CNISF et la CGE ?


Nous partageons les mêmes objectifs avec un souci constant : disposer en France d’un nombre suffisant d’ingénieurs pour atteindre les objectifs économiques attendus au niveau national. Avec des opérations comme, entre autres, les Cordées de la réussite, nous effectuons un travail de terrain dans le secondaire. Nous arrivons groupés. L’univers des formations est représenté par la CGE et le CNISF informe sur les métiers d’ingénieurs. Nous démontrons que des formations qui peuvent apparaître de prime abord rébarbatives ne le sont pas en réalité et débouchent sur des métiers valorisants et intéressants aussi bien par leur diversité que leur richesse.

 

Échange avec François Blin, délégué général du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF)

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