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Le blog emploi de l'ESTACA

LE FUNDRAISING A L’HEURE DE LA CRISE

12 Février 2010, 17:00pm

Publié par Patricia VAUX


Durant deux jours (10 et 11 février 2010), la 5ème conférence sur le fundraising pour l’enseignement supérieur et la recherche, organisée par l’Association française des fundraisers, rassemble près de 300 acteurs chargés de la collecte de fonds. L’occasion pour ces professionnels de venir se former et de faire le point sur les atouts du fundraising, alors que l’activité est ralentie par la crise.


« En quatre ans, sont apparues plus de 60 fondations d’enseignement supérieur et de recherche ». Marie-Stéphane MARADEIX, vice-présidente de l’AFF, a ouvert le bal en soulignant les «bons résultats» des campagnes de fundraising.

Pourtant, alors que les dynamiques de collectes de fonds se multiplient, l’activité subit la crise économique de front. Des rendez-vous plus difficiles à obtenir avec les prospects et les donateurs, un temps de réflexion plus long, des montants revus à la baisse… Le grand emprunt n’y est peut-être pas étranger non plus. « Il faut profiter de ces temps plus calmes pour se professionnaliser, peaufiner son projet, et cultiver la mobilisation en interne », a conclu la vice-présidente en introduction de cette session 2010.

Se rapprocher du monde économique, au-delà des fonds recueillis

En ouverture de ces deux jours de rencontres, un duo très symbolique était formé par Lionel Collet, le président de la Conférence des présidents d’université (CPU) et Pierre Tapie, son homologue de la Conférence des grandes écoles (CGE). « Si nous sommes tous deux côte à côte aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas de compétition entre nous », a souligné d’emblée le président de Lyon 1. Et le président de la CGE de renchérir : «Notre combat est le même : positionner et accroître le rayonnement du monde de l’enseignement et de la recherche français sur la scène internationale ».

Principaux vecteurs sur lesquels ils se focalisent : la valorisation de la recherche et l’insertion professionnelle des étudiants. Pour cela, les fondations leur fournissent un outil. Selon Lionel Collet, «il est indispensable, aujourd’hui, que les universités se rapprochent des entreprises. Et le fundraising le permet». Car ses bénéfices vont au-delà de l’attraction de nouveaux fonds. Certes, «il permet de créer des ressources financières libres», comme l’a rappelé Pierre Tapie, mais «il implique la formulation d’un projet partagé, convaincant, communicable ». Un bénéfice qualitatif, souligné à plusieurs reprises par les différents intervenants du colloque.

Orientation de la recherche par le privé : la face sombre du fundraising ?

Pour le président de la CGE, le risque existe d’une orientation de la recherche par le privé. Dans une culture française très éloignée du système de mécénat américain, les entreprises peuvent exiger davantage de « fléchage » de leurs contributions financières. Quitte à les concentrer sur une recherche « à intérêt visible », au détriment de projets scientifiques plus importants. Une hypothèse à laquelle adhère aussi Lionel Collet. «Des domaines entiers risquent de ne pas être financés… D’où l’importance d’avoir également recours à de grands donateurs ».

Le président de la CPU a par ailleurs souligné la récente complexification du paysage des fondations depuis 2006 : loi sur la création des fondations de coopération scientifique, LRU et décret autorisant les PRES à créer leur propre fondation. « Toutes ces structures ont leur propre programme ; mais elles vont au final rencontrer les même interlocuteurs. Si l’on veut éviter toute déperdition, leur rapprochement me paraît inévitable. Il faut rendre les choses plus lisibles».

Les 7 clés d’une campagne de fundraising réussie…

Sept aspects pour réussir une campagne de levée de fonds ont été pointés durant la 5ème conférence de l’AFF, par Nicolas BOULAN (cabinet de conseil BRAKELEY, spécialisé dans la conduite de campagne de levée de fonds pour l’enseignement supérieur et le secteur non-lucratif), et Christine Quentin, consultante en fundraising du réseau BETHECHANGE.
- Une démarche totalement intégrée à l’établissement, au moins sur cinq ans, sans que la viabilité économique de l’institution en dépende. Le fundraising doit faire partie des grands projets de l’établissement, au même titre que les autres.

- Un argumentaire convaincant et motivant. Il doit être lié à des projets réalistes, des besoins plausibles et dont on peut facilement rendre compte. Cela implique une grande cohérence : le projet doit s’appuyer sur les points forts de l’établissement.

- Un leadership et des « ambassadeurs » engagés dans la démarche. La direction doit être très impliquée dans le projet de fundraising. Ce n’est pas une affaire de communication, mais de relationnel.

- Une activation ou un renforcement des liens avec les différentes sources de soutien, par exemples des acteurs de la vie économique, des anciens élèves.

- Une adhésion et un soutien interne : le projet d’établissement doit remporter l’adhésion d’une majeure partie du corps interne.

- Un effort constant de pédagogie et de mobilisation. Et notamment en interne : le sentiment d’appartenance doit être cultivé auprès de tous, et notamment des élèves.

- Du temps

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