Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog emploi de l'ESTACA

LE MONDE DES CADRES

27 Novembre 2007, 16:23pm

Publié par Patricia VAUX

L'environnement économique actuel est devenu complexe, ce qui implique en France une croissance faible, un climat social tendu, un coût de main d'oeuvre élevé. Notre industrie se délocalise et les métiers se "tertiairisent". De plus, nous avons un euro fort et les fonds d'investissement entraînent une obligation de résultat.
Tout ceci amène à une réorganisation des entreprises, à des restructurations, à des transferts provoquant des licenciements.

Face à ces mutations, les cadres évoluent dans un marché difficile. Une analyse réalisée par ProCadres fait ressortir trois points importants :

1 - Le malaise des cadres
L'ancien modèle faisait émerger un équilibre, un statut, un rôle de médiateur. Il était porteur d'accélération dans le parcours des cardres.
Aujourd'hui, le pouvoir appartient aux financiers, la stratégie est imposée. Les cadres servent de fusibles et n'ont qu'un rôle d'exécution. Ils vivent sous tension et ressentent un grand isolement, ce qui provoque
un sentiment de désillusion pouvant conduire à la rupture. Ils font face à des stéréotypes alarmistes, à la trahison, au déclassement lié à la mondialisation et ressentent de la frustration et du stress.
Ils vivent deux types de remise en question :
- dans leur relation à l'entreprise - infidélité mobile, situation d'offreur de service...
- dans leur rapport au travail - respect de la personne, reconnaissance par soi-même, épanouissement personnel, frontière entre vie privée et vie professionnelle...

2 - Modification des comportements
Trois types de population doivent être considérés :
- Les jeunes cadres - ils ont muté par rapport à leurs aînés. Ils sont aujourd'hui offreurs de service, ils ont vu leurs parents au chômage et ont un nouveau rapport au travail et une relation à l'entreprise différente.
- Les seniors ont l'expérience des missions ; ils ont du recul par rapport à l'entreprise, ils font preuve d'indépendance et de maturité.
- Les cadres confirmés - entre 30 et 40 ans - ils ont un sentiment de rupture avec l'entreprise. Ils ressentent un malaise, sont soumis à l'influence de la GRH en terme de formation, de gestion des parcours...

3 - La pénurie de cadres
2.900.000 cadres travaillent dans le secteur privé. Ils connaissent le plein emploi, avec un taux de chômage de 3,5%. On dénombre 100.000 demandeurs d'emploi actifs, de tous âges. Le flux d'alimentation du chômage concernne 75% des jeunes cadres et 25% des seniors. On enregistre 2% de demandeurs d'emploi en plus chaque année. Les départs en retraite massifs des salariés issus du babyboom ne seront pas compensés par l'arrivée des jeunes diplômés sur le marché compte tenu de la faible démographie. De plus, les jeunes diplômés sont attirés par le secteur public. Le déficit de cadres est de 30.000 à 40.000 avec une estimation à 300.000 en 2012 !

Les secteurs qui seront le plus demandeurs de compétences seront : le BTP, l'industrie, les services et la banque / assurance.
Les fonctions les plus recherchées par les entreprises seront l'informatique, le commercial, la R&D, les RH, le pilotage de chantiers, le contrôle de gestion et la qualité.

Il ressort de cette étude que le marché est effectivement difficile, les solicitations sont perverses, le turn over est important et les délais de recherche longs.
Néanmoins, l'avenir devrait permettre d'arriver à une adéquation entre les besoins de compétences et les comportements des cadres. Nous avons vu que les plus jeunes ont un rapport à l'entreprise en mutation, une relation au travail différente de leurs aînés.
La question essentielle réside plutôt dans les nouvelles formes de travail qui devraient se développer à court/moyen terme. Le CRDI ( Contrat Réputé à Durée Indéterminée), les DTTP ( Départements de Travail à Temps Partagé), toutes ces types de contrats sont appelés à draîner des compétences pointues dont le rôle sera de mener des missions de management de transition notamment.

CR de la conférence ProCadres du 26 novembre 2007

Commenter cet article