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Le Blog Emploi de l'ESTACA

                       


Ce blog est destiné en premier lieu aux anciens élèves diplômés de l'ESTACA. C'est avant tout un espace de travail et d'échange, nous vous remercions de le respecter.

L'objectif est de vous faire partager des informations sur les thèmes liés à l'emploi, à la gestion de carrière, ainsi que sur les  entreprises partenaires de notre école. Vous serez également informés sur les évènements majeurs concernant l'emploi des ingénieurs.

 

Après les six lauréats du premier tour, trois projets sur quatre seulement ont été sélectionnés par l’opération campus 2 : le PRES d’Aix-Marseille, les campus de Saclay et de Condorcet-Paris Aubervilliers. Sans surprise. La surprise est venue des projets de Paris intra-muros, retoqués faute d’un rassemblement (toujours) insuffisant. Valérie Pécresse leur laisse une dernière chance pour présenter un ultime projet d’ici à l’automne 2008 s'ils parviennent à construire le « quartier latin du XXIème siècle ». Autre condition : « saisir les opportunités avec les départs des établissements vers Saclay et Aubervilliers ». Une mission d’audit sur le patrimoine urbain, financier et scientifique des établissements parisiens est lancé par les ministères de l’Enseignement supérieur, des Finances et de l’Equipement. Les établissements parisiens qui ont choisi des projets ultra-périphériques ont en revanche tiré leur épingle du jeu. Zoom sur le projet d'Aubervilliers qui pourrait inspirer des regrets ou donner des idées à certains.

Seul site trans-périphérique et seul projet national centré sur les sciences humaines et sociales, le  projet de campus Condorcet Paris-Aubervilliers était en concurrence avec deux autres projets parisiens : celui du quartier latin et celui de Paris-centre. « C’est un signe fort envoyé aux sciences humaines et sociale. Le choix d’Aubervilliers est une marque très importante pour des disciplines qui se posent des questions », se réjouit Danièle Hervieu-Léger, la présidente de l’EHESS. Au-delà du choix du comité de sélection, ce campus avait depuis longtemps les faveurs de Valérie Pécresse.

Un campus sur deux sites

L’un des sites, le plus grand avec 100 000 m2 sur 5 hectares, sera situé sur le territoire de la Plaine commune à Aubervilliers, près du Stade de France. A 900 mètres après le périphérique, l’autre site sera installé à la Porte de la Chapelle, côté Paris, autour de la Maison des sciences de l’Homme (MSH) de Paris Nord, fondés par Paris 8 et Paris 13.

Jouer groupé

Comme pour les autres dossiers franciliens, manquait dans le projet initial présenté au premier tour un regroupement de partenaires suffisamment nombreux. Autour d’institutions dédiées principalement à la recherche comme l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) et l’EPHE (Ecole pratique des hautes études), le projet s’appuie désormais sur trois universités : Paris 1 à laquelle se sont rajoutées Paris 8 et Paris 13. Cette dernière université, pluridisciplinaire, a rejoint le projet entre les deux tours de l’Opération campus une fois son nouveau président, Jean-Loup Salzmann, élu. « Pour mon université pluridisciplinaire, il est très intéressant de voir comment nous allons réussir à faire le lien entre les SHS et les autres disciplines, notamment dans le domaine de la santé, avec les questions de nutrition, de dé-sociabilisation, de précarité, etc. », explique Jean-Loup Salzmann. Le Cnam, l’Ecole d’économie de Paris, l’école des Chartes ou l’INED (Institut national d’études démographiques) sont désormais aussi partenaires du projet. Cet organisme de recherche devrait même y déménager son siège. L’IRD et le CNRS – avec un millier de chercheurs - sont également associés. 
 

Délocalisation et restructuration


Outre l’EHESS qui déménagerait, dans un premier temps dans des locaux provisoires Porte de la Chapelle, Paris 1 a, entre les deux tours, rationaliser ses sites, sous la pression du ministère de l’Enseignement supérieur. Au final, sur 25 sites de Paris 1, une dizaine devrait être libérée et ses équipes rejoindre le campus Condorcet. La négociation en interne et avec le ministère risque d’être néanmoins serrée. « Il y a une adhésion sur les principes, mais la discussion géographique est encore ouverte. Il faut reloger les laboratoires qui ne sont pas concernés par Condorcet. Le ministère nous pousse à rationaliser, mais il faut penser une réorganisation d’ensemble », prévient Pierre-Yves Hénin, président de Paris 1. Celui-ci tient à préciser que l’université Panthéon Sorbonne ne quitterait pas son fief parisien puisque seul un quart de ses étudiants et un tiers de sa recherche seront implantés à Condorcet.  
  

Les mutualisations inter-établissements


« Ce qui a primé dans le choix, c’est la logique de site, pas la logique de réseau. Nous ne nous acheminons pas vers une fusion de nos établissements. Mais nous aurons des coopérations et des entreprises communes comme celle de faire une « université tout au long de la vie »", indique Danièle Hervieu-Léger. Un service de formation continu inter-établissement est en effet envisagé. Autres regroupement de services : une bibliothèque de 10 000 m2, l’édition universitaire et un campus numérique.

L’objectif est aussi de pouvoir faire montre d'une « masse critique » de chercheurs pour s’affirmer comme une référence internationale et comme le premier pôle scientifique français sur les SHS. Il rassemblera la quasi totalité des centres de recherche de l’EHESS et de l’EPHE. Au total, 2000 enseignants-chercheurs et chercheurs, 6200 étudiants de master et doctorants. Les 10 000 étudiants de Paris 1 (dont la moitié de ses licences) en sciences humaines et sociales, et en économie.
  

Comment piloter l’ouvrage ?
 
 

Une fondation de coopération scientifique avec un conseil d’administration d’une vingtaine de membres a été retenue. De quoi ménager les statuts des différents établissements regroupés. Les porteurs du projet évalue à 429 millions d’euros le montant nécessaire à l'opération. Un quart viendrait de la région Ile-de-France, déjà acté dans les contrats de Plan Etat-Région (CPER). « Nous avons rêvé, maintenant il nous faudra rentrer dans le concret : lancer des appels d’offres, trouver un maître d’ouvrage. Nos préoccupations seront les suivantes : monter des partenariats publics-privés, acheter les terrains à des entreprises, des communautés de communes ou des municipalités, monter un plan financier », énumère Jean-Loup Salzmann. Première ébauche pour la suite du projet prévue en novembre 2008. La Maison des sciences de l’Homme sera la première réalisation du campus Condorcet à sortir de terre. Pas avant 2010.  

L'avionneur européen a séduit notamment la filiale Emirati Dubai Aerospace, la société de leasing Aviation Capital Group, la compagnie sud-coréenne Asiana et le loueur d'avions AerCap. Boeing enregistre lui aussi des contrats.

A Farnborough, Airbus continue de remporter des commandes. L'avionneur européen annonce, ce mercredi 16 juillet, que la compagnie sud-coréenne Asiana Airlines a passé une commande ferme auprès d'Airbus pour 30 long-courriers A350 d'une valeur de 7,2 milliards de dollars au prix catalogue. Leur livraison commencera en 2016 et la compagnie sud-coréenne va prendre les trois variantes de l'A350. Le long-courrier A350, qui peut transporter selon les versions entre 270 et 350 passagers, doit entrer en service en 2013.

De plus, le loueur d'avions AerCap, basé aux Pays-Bas, a signé aujourd'hui auprès de l'avionneur européen Airbus un contrat ferme pour convertir 30 moyen-courriers passagers en version fret. Avec cet accord d'une valeur de 135 et 140 millions de dollars, AerCap devient le client de lancement du programme de conversion d'Airbus d'A320/A321 version passager en fret, baptisé AFC et lancé en mars 2007. La certification du premier appareil est attendue pour 2011. Les autres 29 conversions sont prévues entre 2012 et 2015.

De son côté, l'avionneur américain Boeing annonce, ce mercredi également, avoir reçu une commande ferme du loueur américain d'avions Aviation Capital Grouup (ACG) pour 15 moyen-courriers 737 et une autre de la compagnie Malaysia Airlines pour 35 moyen-courriers 737-800, d'une valeur de plus de 2,6 milliards de dollars. Le groupe américain a précisé dans un communiqué que cette dernière commande figurait déjà dans son bilan commercial publié sur son site Internet, mais que l'identité de la compagnie cliente n'avait pas encore été révélée.

La compagnie aérienne Air China a annoncé l'acquisition prochaine de quinze Boeing 777 et de trente Boeing 737. Le prix catalogue des 45 appareils avoisine les 6,3 milliards de dollars, mais Air China dit espérer que Boeing lui accorde un rabais, selon un communiqué transmis mardi soir à la Bourse de Shanghai. Les appareils devraient être livrés entre début 2011 et 2015, selon ce communiqué.

Hier, mardi 15 juillet, Airbus a engrangé des commandes de DAE Capital, la filiale d'Emirati Dubai Aerospace, mais aussi de la compagnie nationale russe Aeroflot et de la société de leasing Aviation Capital Group située aux Etats-Unis. Le montant total des contrats passés ce mardi à la filiale d'EADS s'élève à 15,2 milliards de dollars, selon un calcul de l'AFP. Cela s'ajoute aux 13 milliards de dollars enregistrés lundi 14 juillet.

DAE Capital, la division financement et leasing d'avions de Dubai Aerospace Enterprise (DAE), a acheté 30 A350-900 et 70 A320 d'Airbus. Cette commande fait suite à un protocole d'accord signé lors du Salon Aéronautique de Dubaï en novembre 2007. Quant à la société de leasing Aviation Capital Group (ACG), basée aux Etats-Unis, c'est un contrat de 23 appareils de la famille A320 qui a été obtenu par Airbus. Avec cette commande, la filiale à 100% de Pacific LifeCorp a commandé 68 mono couloirs Airbus depuis mars 2007 et comptera 148 appareils de cette famille dans son portefeuille.

La compagnie nationale russe Aeroflot a, elle, signé un contrat avec Airbus portant sur l'acquisition de cinq A321, pour la flotte croissante d'appareils moyen-courriers de la compagnie.

Le salon de l'aéronautique de Farnborough, a été l'occasion pour Northrop Grumman et EADS de réaffirmer, mardi, leur intention de fournir le meilleur appareil possible à l'US Air Force dans le cadre de l'appel d'offres sur les avions ravitailleurs qui a été annulé par les autorités américaines.

Publié dans la Tribune du 22 juillet 2008

L'entreprise est un lieu social qui regroupe des collaborateurs de toutes provenances. Les compétences sont diverses, les formations sont diverses, les expériences sont diverses, l'entreprise est donc diverse car pluridisciplinaire. Mais cette diversité prend désormais de nouvelles dimensions car si l'entreprise est un lieu social, elle reflète la société dans laquelle elle vit.

L'intérêt de cette diversité pour l'entreprise n'est plus à démontrer. Cependant, l'intégration de nouvelles dimensions de la diversité n'est pas sans créer de nouveux défis. Sur le simple plan de la formatin, l'unicité d'origine des cadres, qui a longtemps prévalu dans bon nombre de grandes entreprises, permettait un formatage et garantissait le partage des mêmes repères, voire des mêmes réflexes. Ouvrir le recrutement à de nombreuses filières diverses fait voler en éclat cette uniformité et apporte à l'entreprise de nouvelles manières de penser, de gérer et de manager.

Intégrer au sein de l'entreprise des collaborateurs provenant non seulement de filières, de formations nouvelles mais aussi de cultures différentes est un autre défi. Les équipes internationales bénéficient d'une ouverture d'esprit sans égale mais doivent partager des outils communs... à commencer par la langue. Si l'anglais est aujourd'hui la langue commune, sa maîtrise et le partage d'un vocabulaire suffisamment riche sont indispensables.

LES VALEURS DE LA GENERATION Y.
Mais la diversité ne se limite pas à ces deux dimensions. L'entreprise doit aussi s'ouvrir à toutes les générations. Les plus jeunes, la fameuse génération "Y", remettent en cause bien des habitudes. Ces moins de trente ans ne partagent pas toutes les valeurs de leurs aînés et ont des comportements "modernes" qui peuvent bouleverser des habitudes d'organisation et de management. Ils sont à la recherche d'un juste équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Pour autant, ils sont prêts à s'investir à fond sans compter leurs heures sur des projets motivants. Mais ils lâchent prise tout aussi rapidement si l'entreprise n'alimente pas leur passion. Partager la passion : encore un défi d'intégration auquel l'entreprise n'échappera pas.

L'enjeu de la diversité, c'est aussi la place qu'accorde l'entreprise aux nuvelles formes de travail. De plus en plus de collaborateurs souhaitent travailler totalement ou partiellement chez eux. D'autres plébiscitent le temps partiel. Sont-ils pour autant moins efficaces ? L'expérience démontre le contraire mais exige une nouvelle organisation du travail en rupture avec une vision plus traditionnelle du management.

Enfin, le recrutement de personnes handicapées est source de grande richesse pour l'entreprise qui s'ouvre à une nouvelle dimension de partage.

Faire travailler ensemble des collaborateurs de provenances diverses est un défi que doit relever le management de l'entreprise. Coopérer, partager, accepter l'autre sont des attitudes difficiles qui vont souvent à l'encontre de nos habitudes. La clé de la réussite de la diversité dans l'entreprise est donc avant tout le partage : partage de valeurs communes, partage d'un projet commun, partage d'une vision, d'une ambition et d'objectifs. C'est le rôle du management d'identifier et de promouvoir les éléments essentiels de ce partage
.

Avis de l'expert - interview de Fabrice LACOMBE, Président de Michael Page France - Le Figaro REUSSIR N° 19 873.


L
e Sénat a adopté, mercredi 25 juin, en première lecture, le projet de loi sur ''les droits et devoirs des demandeurs d'emploi", qui prévoit notamment des sanctions en cas de refus de deux ''offres raisonnables d'emploi'', un texte très critiqué par la gauche et les syndicats.

DES OBLIGATIONS POUR LES CHÔMEURS

Le texte modifie le code du travail en durcissant par paliers les obligations des chômeurs au fil des mois, sous peine de sanction. Le chômeur qui refusera deux "offres raisonnables d'emploi" sera radié de la liste des demandeurs d'emploi et son allocation suspendue. Un décret précisera que ce chômeur sera radié pendant deux mois. Une offre d'emploi est jugée "raisonnable" après trois mois de chômage si la rémunération offerte représente 95 % de l'ancien salaire, après six mois de chômage si la rémunération représente 85 % de l'ancien salaire. Au bout d'un an, les chômeurs devront accepter tout emploi rémunéré "à hauteur du revenu de remplacement" versé par les Assedic ou par l'Etat s'ils sont en fin de droits.

A ces premiers critères s'ajoutent le fait qu'après six mois de chômage, le demandeur d'emploi ne peut pas, en outre, refuser une offre d'emploi entraînant un temps de trajet, en transport en commun, égal ou inférieur à une heure ou située à moins de 30 kilomètre de son domicile. Le texte met en place un projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) élaboré conjointement par le demandeur d'emploi et le nouvel opérateur qui sera issu de la fusion ANPE-Assedic, effective au 1er janvier 2009. Ce PPAE sera actualisé périodiquement. La majorité sénatoriale a adopté un amendement qui stipule que le chômeur qui "refusera de définir ou d'actualiser le projet personnalisé d'accès à l'emploi" pourra être radié. Le texte inscrit en urgence (une lecture par chambre) doit maintenant être examiné par l'Assemblée nationale.

Extrait du monde du 18 juillet 2008

Le mode projet est une source de performance pour l'entreprise, mais il peut, à terme, se révéler destructeur pour les individus comme pour les collectifs professionnels. De nouvelles formes de gestion des ressources humaines sont donc à mettre en place.

La diffusion des pratiques projet est telle qu'elle semble, aujourd'hui, constitutive de la nouvelle idéologie du capitalisme.  Quels que soient les acteurs, les injonctions d'engagement et les promesses de réalisation de soi, relayées par la littérature managériale, créent le mythe de l'action heureuse en projet. A cette description idyllique s'oppose, cependant, une réalité qui semble l'être beaucoup moins. Différents indicateurs montrent que l'intensification et la pression détériorent dangereusement les conditions de travail des équipes projet : l'augmentation inquiétante de l'absentéisme, des pathologies mentales, des maladies professionnelles, des accidents du travail, voire du suicide, ne peut que questionner la pertinence de ce type de management.

Il semble que le niveau d'exigence et de pression qu'un projet peut faire peser sur les individus soit largement sous-évalué, car les personnes se retrouvent dans une situation paradoxale ; elles vivent des formes de violence dont elles peuvent se considérer en partie responsables. Cela réduit leur capacitié à s'y opposer et engage un processus d'isolement parfois destructeur.Défi mobilisateur et limité dans le temps, objectifs tendus, travail en équipe qui rompt avec la routine quotidienne : les projets sont des lieux d'engagement fort où l'individu est impliqué intellectuellement, socialement et effectivement. Mais il n'est pas sûr que le retour dans des modes de fonctionnement plus ordinaires soit facile ni ne bénéficie à l'individu en termes de carrière. Le travail en projet fait, en effet, peser un risque sur le développement des compétences et sur la cohérence du parcours de carrière de celui qui s'y engage. Les situations projet permettent d'expérimenter et d'acquérir des compétences managériales et transversales complémentaires des expertises techniques, mais la question de la reconnaissance et de la valorisation de ces acquis, qui ne rentrent pas toujours forcément dans les grilles métiers en fin de projet, reste posée.

Le projet bouscule les organisations et oblige à réfléchir aux arbitrages entre l'affiliation projet et l'affiliation métier. Certains, dans ces situations de tiraillement, choisissent plus ou moins explicitement le projet et s'éloignent progressivement des bonnes pratiques de leur domaine d'expertise. Les structures métiers ne reconnaissent alors plus l'individu comme un porte-parole fiable. Inversement, l'individu ne se retrouve plus dans les règles de l'art de son métier d'origine, qu'il juge trop rigides et décalées par rapport aux exigences contingentes des projets. La multiplication des collectifs de travail transverses conduit à un éclatement des identités professionnelles et à une perte de repère pour les individus. Aux solidarités professionnelles traditionnelles se substituent des solidarités locales, opportunistes, dont bénéficie ou non l'individu en fonction de ses propores comportements et compétences. Mais, au-delà des individus, c'est toute l'organisation qui va s'affaiblir. Des situations individuelles isolées peuvent dégrader le potentiel de mobilisation collectif si elles se généralisent.

L'enjeu pour les organisations est de relever le défi managérial et RH représenté par le mode projet. Sur ce dernier plan, il faut reconnaître qu'à l'heure actuelle, la fonction RH reste mal adaptée à une population transversale et temporaire. Des pratiques visent, cependant, à mieux faire cohabiter projets et systèmes d'organisation pérennes en accompagnant les acteurs projet, gérant les compétences et préparant l'après-projet. Les expériences vont de la définition de référentiels des métiers du projet à des systèmes d'évaluation duale responsables hiérarchiques/responsables de projet, en passant par des évaluations à 360°, et par la sensibilisation des chefs de projet à la dimension RH ou par une meilleure intégration des projets dans les structures métiers. Au-delà des aspects techniques, la question sous-jacente est de définir une gestion de projet qui participe d'une forme de "management durable" plutôt que d'une forme moderne d'exploitation. A cet égard, des enseignements sont à tirer, y compris des projets ratés, pour générer une dynamique vertueuse des forces prêtes à se réinvestir dans l'entreprise.


Propos extraits de Entreprise et carrières N° 915/916 du 15 juillet 2008 - Entretien avec Thierry PICQ, Directeur du département Management des RH à l'EM Lyon


Compte-rendu de la conférence du Club ESSEC RH, présidée par Jean-Marie PERETTI, et animée par Maurice Thévenet le mardi 25 juin 2008 au campus de l’ESSEC Management Education au CNIT Paris-la Défense.

***

 

Au cours de cette conférence, il a évoqué les thèmes de ses trois derniers ouvrages :

1. Les talents : « Des étoiles brillantes aux étoiles… filantes »

2. Le pouvoir : « Le management est-il toxique ? »

3. Les relations humaines : « Alors heureux ? »

 

Depuis huit ans, Maurice Thévenet s’est tenu à écrire une chronique chaque mois. Ces trois ouvrages (début d’une série de neuf) en sont le fruit. Avec le recul, il a pu, en effet, dégager quelques grands thèmes récurrents dans ces écrits : le talent, le pouvoir, les relations humaines, l’équipe, le travail, le management. Il admet le coté un peu factice de la démarche de plan « a posteriori » de ces livres, mais, trouver des logiques éditoriales avec des textes rédigés indépendamment, sur huit années, a aussi son intérêt. Le lecteur appréciera, en plus de ces textes et d’une introduction générale sur le thème, un autodiagnostic à lire en début d’ouvrage et un quizz à réaliser en fin de lecture.

 

 

Les talents : « Des étoiles brillantes aux étoiles… filantes »

Maurice Thévenet explique que la notion de « talent » est en vogue depuis un moment déjà. Qaund il commençait ses chroniques, en 2000, on parlait de « guerre des talents », aujourd’hui c’est plutôt « la révolution des talents ». Maurice Thévenet s’intéresse aux termes à la mode car même s’ils recouvrent des réalités différentes selon l’interlocuteur, il en ressort une façon commune d’aborder une problématique.

Maurice thévenet s’appuie sur l’ouvrage de Edward E., Lawler III et James O'Toole , The New American Workplace, paru à l’été 2006, pour expliquer dans quel cadre apparaît la notion de talent. Dans ce livre, les auteurs donnent leur vision de l’évolution des modèles managériaux aux Etats-Unis. Ils expliquent que trente ans plus tôt, un modèle prédominait, centré sur les ressources humaines, autour de la belle idée du cercle vertueux entre l’économique et le social. Aujourd’hui, ces auteurs préfèrent distinguer trois typologies d’entreprises :

 

1. Les low-cost : ce sont les entreprises où le coût lié au travail doit être le plus bas possible. Elles établissent généralement une gestion des effectifs à court terme, et des modes de production les moins dépendants de la main d’oeuvre possible. Ce modèle fonctionne aujourd’hui : certaines personnes peuvent préfèrer à un moment donné être gérées à court terme, et ne pas avoir à s’impliquer, par exemple.

2. Les entreprises à forte implication des salariés : Elles ont deux caractéristiques : d’un coté, on y porte une grande attention aux conditions de travail des collaborateurs, de l’autre, l’implication du personnel fait partie du Business model car la qualité de l’offre en dépend.

3. Les grandes entreprises globales : Ce sont les grandes entreprises traditionnelles où s’étaient développés des contrats collectifs assez favorables au salarié et qui ont ensuite connu une croissance rapide à l’international, avec un recrutement important à l’étranger. Ces organisations ont finalement dû sortir de leur modèle managérial de loyauté collective pour s’adapter aux conditions de leur globalisation. On constate, aujourd’hui, une très forte individualisation des contrats de travail dans ces entreprises. C’est donc dans ce troisième modèle que la notion de talent intervient selon Maurice Thévenet.

 

En interrogeant des DRH sur la définition du talent, il en a ressorti trois caractéristiques importants :

1. Cela concerne peu de gens, environ 5 % des salariés d’une entreprise.

2. Un talent à des compétences hors référentiel, très uniques.

3. C’est à développer.

 

Deux grandes politiques RH sont liées à ces talents : l’attraction et la rétention (ou fidélisation). Maurice Thévenet envisage pourtant deux autres problématiques :

⇒ Il cite une étude sur les « super-financiers » de Wall Street : Quand ils sont très bons, ils sont chassés, et, dans la majorité des cas, sont moins performants chez le concurrent. Peut-il alors y avoir une perte de talent ? Non, mais l’environnement qui entoure ce talent (équipe, client, process, etc) n’est plus le même. Il ironise sur l’équipe de France de football à ce sujet : les talents individuels ne suffisent pas à créer de la performance.

⇒ En outre, Maurice Thévenet se demande s’il doit y avoir un management spécifique au talents. Peut-on éviter d’avoir à gérer les « divas », c’est-à-dire les collaborateurs qui, à tort ou à raison, sont persuadés d’avoir du talent. Comment les faire fonctionner en collectif ?

Les divas naissent-elles de la talentisation du recrutement ?


Ces problématiques l’amènent donc, à la difficile question du pouvoir dans les entreprises :

 

Le pouvoir : « Le management est-il toxique ? »

Maurice Thévenet commente son titre : « Le management est-il toxique ? ». Il s’est aperçu que ceratains titres marchent : « le harcèlement », « la souffrance au travail », « bonjour paresse », « objectif zéro sales cons », etc, et d’autres, comme son dernier ouvrage « le plaisir de travailler » qui sont bizarrement moins vendeur. La règle ici semble se confirmer puisque, la notion de talent, c’est cet ouvrage qui attire le plus l’attention.

Maurice Thévenet mène trois réflexions sur le pouvoir :

1. Le pouvoir a ses perversités, mais le refus de l’exercer aussi a les siennes.

2. L’exercice du pouvoir est nécessaire.

3. Le pouvoir est un élément de responsabilité assez partagée.

Il cite Robert Sutton, qui dans « Objectifs zéro sales cons » explique la responsabilité de la société sur

les perversités de pouvoir qu’elle héberge. C’est un problème de l’entreprise et de chacun de nous. Laissez le pouvoir s’exercer de manière perverse est de la responsabilité de tous.


Cela le mène aux relations humaines dans les entreprises :

 

Les relations humaines : « Alors heureux ? »

Ce qui fait le gros du quotidien, de l’expérience du travail, ce sont les relations humaines en entreprise. Ce sont elles qui peuvent nous empêcher de dormir, parce que l’on repense à toutes ces fois dans une journée où un collaborateur nous a renvoyé une image de nous même qui ne correspond pas du tout à l’image idéale que, nous, nous avons de nous-même.

 

Dans cet ouvrage, trois idées sont développées :

1. La corrélation entre l’implication du personnel et la qualité des relations humaines est constante. 30% des cadres ont comme première priorité « la famille » mais travaillent 65h par semaine. Cela s’explique par un très haut niveau de satisfaction avec leurs collègues. "Le climat relationnel est très important - même si je ne l’inscris pas toujours dans la description de ma situation professionnelle". Maurice Thévenet note que si on part où si on reste d’une entreprise, c’est toujours pour quelqu’un ou quelques-uns.

2. La qualité des relations humaines repose sur une responsabilité partagée. Maurice Thévenet est agacé par la culture plaintive qui entoure les relations humaines au travail et désigne toujours un coupable…

3. Les relations humaines, c’est aussi une question d’effort et de travail. Cela ne nous tombe pas dessus comme la météo. Il reprend les théories des conseillers conjugaux qui envisagent le couple en trois phases. D’abord, la romance, c’est-à-dire l’illusion de vivre quelque chose d’unique ensemble. Puis la désillusion : « on n’est pas si en phase que cela ». Et finalement, la décision d’aimer. On peut décider de bien s’entendre avec ses collègues et ses chefs.

 

Maurice Thévenet est Professeur à l’ESSEC et au CNAM. Il intervient dans le domaine du développement de management comme conseiller ou conférencier international. Il est membre du Cercle de l’Entreprise et des EDC.

 


Le 23 juin 2008, la loi portant sur la modernisation du marché du travail et fixant notamment un cadre juridique au portage salarial vient d’être promulguée suite à son adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Les principaux articles de la loi issus des négociations avec les partenaires sociaux à l’automne dernier ont été maintenus afin de constituer un véritable compromis offrant un ensemble équilibré de droits et de devoirs tant aux salariés qu’aux employeurs.

L’article 8 de la loi vient compléter le Code du travail à travers l’article L. 1251-64 du Code du travail qui définit le portage salarial comme « un ensemble de relations contractuelles organisées entre une entreprise de portage, une personne portée et des entreprises clientes comportant pour la personne portée le régime du salariat et la rémunération de sa prestation chez le client par l’entreprise de portage. Il garantit les droits de la personne portée sur son apport de clientèle. »

La loi de modernisation du marché du travail du 23 juin 2008 modifie également l’article L. 8241-1 du Code du travail selon lequel « toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d’œuvre est interdite » sauf opérations réalisées dans le cadre du travail temporaire, du portage salarial, des entreprises de travail partagé et des agences de mannequins, excluant ainsi les pratiques de portage salarial de l’infraction pénale de prêt de main d’œuvre illicite.

En outre, l’article 8 de la loi permet également à un accord national interprofessionnel étendu, de confier à une branche dont l’activité est considérée comme la plus proche du portage salarial la mission d’organiser, après consultation des organisations représentant des entreprises de portage salarial et par accord de branche étendu, le portage salarial, et ce dans un délai de 2 ans.

La reconnaissance par les pouvoirs publics du portage salarial dont la pratique s’est largement démocratisée depuis le milieu des années 80, concerne aujourd’hui près de 35.000 salariés dans tous les secteurs de l’économie. Ils vont pouvoir ainsi bénéficier d’une véritable dynamique dans le développement de leurs activités.

  LES REMUNERATIONS



Le salaire moyen s’élève à 32.100 Euros en France et 38.750 Euros à l’étranger - ne sont pas incluses dans ces moyennes les gratifications,  primes contractuelles et variables. Si l’on considère les rémunérations primes incluses, nous constatons un salaire moyen de 33.900 Euros en France et de 43.000 Euros à l’étranger. Il faut néanmoins être vigilant sur la notion de rémunération perçue à l’étranger, car les prélèvements obligatoires (Retenues salariales, impôts prélevés à la source…) sont très variables d’un pays à l’autre. Dans ce cas, il faudrait prendre en compte le salaire net moyen, information dont nous ne disposons pas aujourd’hui.

Le salaire le plus élevé (toutes primes incluses) se monte à  52.000 Euros. Le salaire le plus bas est de 27.800 Euros.

 

Par ailleurs, nous ne constatons pas d’écart de salaire entre hommes et femmes pour ceux et celles exerçant leur activité en France. Par contre, nous observons une différence de 1.500 Euros en faveur des hommes travaillant à l’étranger par rapport à leurs collègues féminines expatriées.
 

  TAILLE DES ENTREPRISES EMPLOYANT LES JEUNES DIPLOMES

  

Nous constatons que depuis trois ans, les grands groupes de plus de 2000 personnes emploient plus de la moitié d’une promotion sortante.

 

A contrario, une tendance baissière concerne les entreprises de moins de 100 personnes qui ne recrutent plus que 17 % des jeunes diplômés cette année contre 22 % il y a un an.

 

Les PME comprenant de 100 à 1999 salariés ont tendance à augmenter leurs recrutements, puisqu’en un an, nous sommes passés de 21% de jeunes diplômés recrutés dans ce type de structure à 33 % lors de l’enquête menée en février.

 

 LOCALISATION DES EMPLOIS

 

Nous observons cette année une plus grande attirance de nos jeunes diplômés pour une expatriation à l’étranger. Alors que l’enquête de l’année dernière dénombrait 11 % d’entre eux à l’étranger, ils sont cette année 17 % à tenter l’aventure en Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Europe de l’Est et de l’Ouest ainsi qu’aux Etats-Unis.

62 % travaillent en région parisienne et 21 % en province ou dans les DOM-TOM.

Il est intéressant de noter que les jeunes diplômés de la promotion 2006 ne sont plus cette année que 9% à travailler à l’étranger (2% d’entre eux sont rentrés en France).


 LES ETUDES « post-ESTACA »

 

Nous avons mené une étude comparative sur quatre ans. Nous constatons :

 

  • Une nette progression du nombre de jeunes diplômés de la promotion 2007 a choisi d’effectuer une année d’études supplémentaire, ceci comparé aux deux précédentes promotions. En effet, 10 jeunes de la promotion 2005 avaient poursuivi un cursus après leur diplôme d’ingénieur, seulement 7 diplômés de la promotion 2006 avaient fait le même choix. Ils sont cette année 22 à avoir opté pour une année d'études sipplémentaire ; 
  • Les jeunes diplômés choisissent majoritairement de poursuivre leurs études par un mastère spécialisé accrédité par la CGE ; 
  • Régulièrement, quelques uns de nos jeunes estaciens choisissent de rentrer à l’école des cadets d’Air France. Compte tenu du nombre important de pilotes seniors appelés à partir en retraite avant 2013, le numerus clausus de l’école d’Air France a fortement augmenté et offre ainsi un nombre de places beaucoup plus important aux candidats futurs pilotes.

 

LES VIE

 

Rappelons que le VIE offre la possibilité à nos jeunes diplômés d’acquérir leur première expérience à l’étranger. C’est également une véritable opportunité d’intégrer en CDI l’entreprise qui les a recrutés en contrat de volontariat.

Cette année, l’enquête recense 5 jeunes diplômés de la promotion 2007 ayant choisi de commencer leur parcours sous forme de VIE.

 

Parmi ces VIE : 

  • L’un est programmé pour une durée de un an, trois dureront 18 mois et un seul est prévu pour deux ans. 
  • Deux sont localisés dans l’Union Européenne et trois sont hors UE.

Notons que l’indemnité moyenne perçue pour un VIE se monte à 21 000 Euros. Le montant varie en fonction de la localisation.

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