Les entreprises doivent orchestrer une gestion dynamique des carrières pour recruter, puis conserver les meilleures graines de managers.
Aussi vrai que le premier objet de l'économie est la rareté, le premier souci d'un patron n'est-il pas de s'assurer que ses équipes puissent réagir rapidement à la défaillance d'un client ou d'un fournisseur, marcher à la bataille en bon ordre, répliquer à l'offensive d'un concurrent ou compenser à bref délai une défection managériale de poids ? Car, plus que la technicité de ceux que l'on qualifie dans le monde anglo-saxon de professionals, c'est l'habileté à manoeuvrer les autres qui fait la différence.
S'il va sans dire que les usages et les conditions ont changé ces trente dernières années, l'entreprise n'est pas pour autant devenue un organisme unicellulaire et invertébré. La quête de la valeur ajoutée ne procurerait guère d'avantage compétitifs si elle ne dépendait pas de la compression des coûts de production : elle réclame inévitablement, et pas seulement en raison du papy-boom, un renouvellement des ressources humaines en termes d'innovation, d'expertise, de stratégie et d'encadrement.
Or, les profils de ces managers d'avenir ont rès sensiblement évolué, explique Yves DUPLAIX, d'UNILOG Management LogicalCMG. Sous la pression de l'internationalisation, ils se démarquent des filières de dirigeants traditionnelles en France : mandarinat de grandes écoles, mandarinat interne et compagnonnage. Il est aisé d'identifier les hauts potentiels de demain, à la lumière des trois critères aujourd'hui déterminants (volonté,diversité, endurance). Parvenir à les recruter, puis conserver les meilleurs, est une autre affaire ! Pour mettre cet objecctif à portée des entreprises, encore faut-il que DRH, DG et management soient capables d'orchestrer ne gestion dynamique des carrières. Il y a du chemein à faire. L'espace entre l'entreprise et les graines de managers se creuse, souligne Sylvie ROUSSILLON, de l'Ecole de Management de Lyon. Plus internationale et plus prompte à s'adapter, la nouvelle génération n'a pas d'état d'âme. Sans attaches paralysantes, elle recherche la maximisation tous azimuts : argent, confort privé, prestige, compétences, expériences...
L'autre nouveauté est à attendre du côté des seniors, qui développent un détachement croissant par rapport à l'entreprise. Au point qu'aux Etats-Unis des dirigeants délèguent leur gestion de carrière à l'extérieur. Il y a au moins un domaine où la gestion des ressources humaines peut prouver son utilité : faire reculer la disparité dont souffrent les femmes parmi les hauts potentiels. Cela suppose anticipation, concertation et outillage, des concepts familiers à la DRH de THALES. Parallèlement à la gestion anticipée des emplois, rappelle Jean-Yves COLOMBEL, Directeur du développement professionnel, le groupe d'électronique a réussi un premier exploit : le décloisonnement.
Article rédigé par Philippe DELAROCHE et paru dans l'Expansion N° 720 de JUIN 2007
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